Qu’est-ce qui provoque le prolapsus de la vessie ?

Santé Qu'est-ce qui provoque le prolapsus de la vessie ?

Le prolapsus, communément appelé « descente d’organes », est une maladie majoritairement féminine.  Il s’agit toujours d’une descente, c’est-à-dire l’affaissement d’un organe, ou d’une partie d’un organe. Le prolapsus peut concerner la vessie, l’utérus, mais aussi la valve cardiaque (c’est le prolapsus de la valve mitrale, assez différent des autres).  À force de s’affaisser, les organes peuvent finir par « sortir » du corps : chez une femme qui présente un prolapsus génito-urinaire par exemple, la vessie, l’utérus ou un autre organe pelvien (c’est-à-dire les organes du pelvis, aussi appelé « petit bassin ») sortent par le vagin ou par l’anus. On va vous parler ici du prolapsus de la vessie, ou plutôt de la cystocèle, généralement associée à une colpocèle antérieure. Vous êtes perdus ? On vous explique. 

Qu’est-ce que le prolapsus de la vessie ?

Faisons un petit détour par le fonctionnement du corps humain. Les organes de votre cavité pelvienne (du petit bassin) sont soutenus par le plancher pelvien (un ensemble de muscles et de ligaments), qui permet que ces organes ne soient pas expulsés dès qu’il y a une contraction abdominale. Lorsque l’on va à la selle par exemple, on ne risque pas d’expulser sa vessie ou son utérus en même temps ! La partie la plus basse du plancher pelvien est appelé le périnée, c’est pourquoi en cas de prolapsus, on fait souvent de la rééducation du périnée.

Qu'est-ce que le prolapsus de la vessie ?
Source : shutterstock.com

Lorsque l’on souffre de prolapsus de la vessie, c’est donc que la vessie « descend » plus bas que sa place normale dans le corps. On parle de cystocèle. Une descente d’organes de la zone pelvienne arrive bien plus fréquemment chez les femmes : on parle en fait de colpocèle – c’est le prolapsus des parois génitales, lorsque celles-ci s’affaissent. Cette colpocèle peut prendre des formes différentes, selon les organes uro-génitaux qui sont les plus touchés (parce que quand les parois vaginales s’affaissent, d’autres organes suivent le mouvement). Quand c’est la vessie qui descend le plus, et qui va sortir par le vagin, c’est là que l’on parle de prolapsus de la vessie, ou de cystocèle, ou de colpocèle antérieure (si c’est plutôt l’utérus qui descend, on parlera de prolapsus utérin, par exemple). Retenez tout de même que les prolapsus sont souvent associés (on parle de comorbidité), et qu’ils causent souvent des difficultés sexuelles et des difficultés urinaires (urgenterie, incontinence).

Qu’est-ce qui provoque une descente de vessie ?

La descente de la vessie advient lorsque le plancher pelvien, et notamment le périnée, sont fatigués, abîmés, et ne remplissent plus leur rôle. Les facteurs de risques associés à une descente de la vessie sont donc les suivants :

  • L’âge, et avec lui la ménopause : les femmes ménopausées présentent plus de risque d’une descente des organes pelviens, et notamment de la vessie, parce que le plancher pelvien est « fatigué ».
  • L’accouchement par voie basse d’un bébé qui pèse plus de 4 kilos à la naissance ou les accouchements multiples
  • Les troubles gastroentérologiques chroniques et sévères
  • L’hystérectomie (l’ablation de l’utérus)
  • La pratique intensive du sport – comme l’équitation, ou une musculation intensive des muscles abdominaux
  • Des antécédents familiaux
  • L’obésité
  • Le port régulier de charges lourdes

Qu'est-ce qui provoque une descente de vessie ?
Source : shutterstock.com

Le prolapsus de la vessie, ou cystocèle, peut faire peur – les images d’une vessie qui sort par le vagin ou l’idée de développer une incontinence urinaire, fréquente en cas de prolapsus, ne sont guère rassurantes. Sachez cependant qu’il existe beaucoup de prolapsus génito-urinaires non symptomatiques, et que le prolapsus n’est pas douloureux quand il n’est pas à un stade avancé, au moment où les organes commencent à sortir du corps (et pas avant). Quand un prolapsus n’est pas symptomatique, pas d’inquiétude : il n’y a pas de raison de le traiter, parce qu’on ne sait pas comment il va évoluer et qu’il n’est pas grave en soi.

Comment soigner un prolapsus de la vessie ?

C’est la question importante si le prolapsus est symptomatique : comment soigner un prolapsus de la vessie ? Il y a deux types de traitement, prescrits lorsque le prolapsus cause une gêne.

  • Les traitements dits conservateurs : lorsque la gêne est peu importante et que le prolapsus est à un stade peu avancé, une rééducation du périnée et du sphincter peut être prescrite. Il existe aussi des pessaires, des dispositifs vaginaux : des petits objets que l’on va fixer dans le vagin et qui vont retenir les organes.
  • Les traitements chirurgicaux : il y en a deux différents. On peut faire une chirurgie abdominale (qui va, grossièrement, retenir les organes par le haut) ou une chirurgie vaginale, qui va plutôt retenir les organes par le bas. Dans la chirurgie vaginale, on peut aussi poser une prothèse synthétique. Pour les personnes qui ne souhaitent plus avoir de rapports sexuels, le médecin peut proposer une fermeture du vagin (une colpocléisis).